Monsieur Ho et les petits poissons
Par Max Férandon
| 16/02/2009 09:07
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Par Max Férandon
| 16/02/2009 09:07
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Justement! À propos de Johann Leguillerm, je l'ai rencontré, hier, par hasard, en ville.
Quand on a vu, comme moi, son spectacle: Secret, présenté au carrefour international de Théâtre de Québec, on hésite toujours à s'approcher du bonhomme.
Même si dans son monde à lui, les tigres et les serpents ne sont représentés que par des objets, on a tout de même à faire à un vrai dompteur.
Vous savez un dompteur de fauves, ça ne marche pas comme tout le monde, ça a toujours un oeil dans le dos. Il a le pas rapide et l'enjambée longue. Le pas des gens qui marchent beaucoup. Ça fait plusieurs fois que je le croise et je peux vous dire qu'il doit mieux connaître la ville à pieds que certains résidents d'ici. On a l'impression que cet artiste, où qu'il soit, investit les lieux.
Rien du touriste, non vraiment pas. Lui il "trace".
Dans la rue donc...
Ma première impression était de le croiser sans lui parler, pour garder toute la magie de son spectacle auquel j'ai eu le bonheur d'assister.
Midi, droit devant, le dompteur arrive vers moi. je fais quoi, je me transforme en silence et je le laisse passer son chemin ou bien je l'arrête? Mais comment on arrête un dompteur de ménagerie-machinerie?
Et si jamais il me réservait le même rôle qu'il réserve aux lessiveuses, aux livres, aux billots de son cirque... Et si jamais dans la dévalée de son imaginaire, il me prenait moi-aussi pour un tigre. Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!... Remarquez, j'ai toujours rêvé de devenir un tigre et de rugir sur la ville, mais le fouet, j'aime pas trop.
Alors je me décide, j'aborde ce constructeur de serpent, ce charmeur de cathédrale.
Je lui coupe le chemin. Il s'arrête et me regarde avec ses yeux-menthe glacée. Ça devient dangereux!
Un geste brusque et il pourrait faire de moi un réverbère à tout jamais. je suis prudent.
Je lui dis quelques mots sur le bonheur que j'ai eu de voir son spectacle, sans tomber dans le cliché ou le léchage. je lui dis que sa folie a allumé mon imaginaire. Lui, ne dit rien bien sûr mais ne me lâche pas du regard. Moi non plus! Tiens, je sens une certaine douceur dans son regard.
Puis il finit par me renvoyer un merci très sobre. Vous savez, ces merci, quand le i ne s'envole pas trop. Juste ce qu'il faut.
il entame un sourire. Et puis il continue sa route, vers un quelque part où nous n'irons, vous et moi, probablement jamais.
Et moi aussi je continue ma route, avec la sensation grisante, d'avoir l'espace d'une seconde, frémissement dans le sablier, apprivoisé un dompteur.
Par Max Férandon
| 20/05/2008 18:38
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Par Max Férandon
| 16/05/2008 19:06
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Il avait un pigeonnier à ciel ouvert, un clocher de plumes d'où s'envolaient les roucoulants. Ses oiseaux-voyageur décollaient en bouquets, des escadrilles entières de Papillotes de Bohème, Lunes de Thuringe, Alouettes Bernoises mais aussi du plus commun, du Bleuté. L'Aéroport de Londres n'avait certes rien inventé en termes de trafic aérien. Chez-lui la tour de contrôle c'était la liberté.
Par Max Férandon
| 18/02/2008 21:11
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Elle rime en rhume, ses Alexandrins ont froid aux pieds. Voilà plusieurs jours qu'elle est enfermée chez-elle, dans son appartement du troisième, dans son perchoir aux quatre vents. Elle s'est barricadée, seule, dans son enrhumoire. Une mauvaise grippe, comme s'il y en avait de bonnes, la contraint à tout arrêter. Ça a commencé par la voix, un jour elle s'est levée avec la voix grave de Gretta Shultz.
Par Max Férandon
| 16/02/2008 18:25
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On peut dire que le métier de prof est considéré comme un métier très classe en général. Les profs parlent souvent du bout de l'élève pour ne pas froisser ces chers étudiants. Corriger sans donner de correction, le seul milieu où il faut garder ses droits et rendre ses devoirs.
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Par Max Férandon
| 16/02/2008 11:45
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Jadis rétro regard je me souviens, j'étais jeune et tendre. J'étais mie au coeur du coeur, au coeur du pain. Mie chaude, mie riche et épaisse, expansive, nourrie par le plus puissant des levains. J'étais alors une explosion de joie, un univers conquérant. Mon soleil c'était le four à bois.
Par Max Férandon
| 13/02/2008 11:59
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Un peu de cuisine! Il aurait été charmant d'évoquer le clafouti aux cerises de nos gourmandises buissonnières, sur fond de carte postale. Vous savez le truc que la grand-mère farine dans une jatte avec deux cents grammes de beurre et autant de nostalgie. 

Par Max Férandon
| 08/02/2008 10:52
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Les sabots d'un cheval sur le caillou aride de la route, tirant une voiture de bohémiens. Pour freiner la descente de l'attelage, les enfants du voyage s'entassent sur un vieux pneu attaché par une corde à l'arrière de la maison roulante. Ils rient tous de bon coeur, de cette vue imprenable sur la liberté. Comment ne pas rire quand un pneu à la traîne d'une maigre corde, devient subitement une île, une île sur laquelle il faut tenir en équilibre comme sur le dernier des rochers? L'un a déjà perdu, il a posé le pied à terre, sa soeur l'a poussé. Parfois l'esprit de compétition prévaut sur l'entente comme une chamaille de fin de colonne. Ce système de freinage par frottement n'arrive pas vraiment à réduire l'urgence de la pente, le cheval se cramponne à ses sabots.
Par Max Férandon
| 07/02/2008 10:42
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Par Max Férandon
| 03/02/2008 15:41
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Par Max Férandon
| 03/02/2008 14:09
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Par Max Férandon
| 03/02/2008 14:07
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On le sait, l'enfer se rapproche du ciment et le ciel des métaux précieux. La basilique de Monseigneur Ouellet se refait un lifting. Vous remarquerez le cuivre solaire imperméable aux intempéries, mais qui n'empêche en rien les prières de monter vers le Ciel avec un grand C. Un peu comme ces habits d'hiver haute technologie, qui isolent du froid tout en laissant échapper la sueur. Donc après concertation et offre d'appel, on est venu à la conclusion que la meilleure solution entre les rudes hivers de toits enneigés du Québec, l'évaporation des prières et le taux de pénétration de Miséricorde de Dieu sur ses ouailles, c'est le cuivre.
Par Max Férandon
| 03/02/2008 13:38
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Monsieur Turlutain est coiffeur pour dames et cordon-bleu aux heures du domicile, un modeste trois pièces, un repère impair. Il coiffe ces dames, leur agrafe des bigoudis, une mer houleuse de bigoudis ou les affuble d' une mèche farouche, sa signature c'est la mèche et sa réputation, la coloration. Monsieur Turlutain est un faussaire un vrai, il ne refait pas les tableaux des grands maîtres il retouche le gris, des madames rajeunies. Des ocres d'Italie, du blond sucre d'orge, il prépare lui-même ses couleurs dans un secret d'arrière-boutique. Son salon de coiffure est toujours plein et il faut y prendre rendez-vous. La dame du docteur, la dame de l'autre docteur, les dames qui vont chez le docteur, les têtes se suivent et se ressemblent. Vieux garçon depuis toujours vieux toujours depuis garçon, il rengaine dans le quotidien, ces petites manies, ces petites mamies. À la maison il laisse parler une autre sorte d'inspiration: la cuisine. Il prend alors le vieux tablier de sa défunte mère et se jette dans la farine. L'automne les pommes. Il fait des tartes qu'il donne, une part lui suffit. Mais quelles tartes, nourries de sucre de pommes et de beurre. Il en offre même dans son salon de coiffure, à ces dames qui invoquent bigoudis en l'air, la nécessité du régime alimentaire, et qui l'instant d'après abdiquent. Monsieur Turlutain est un homme heureux au fond, d'un bonheur de boutique, d'un plaisir de pépin.
Par Max Férandon
| 03/02/2008 13:36
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Cet hiver, la météo se déchaîne souvent en débordements de colère, l'acquis des saisons chose du passé. Le froid de janvier, d'habitude sans concession aucune, partage le ciel avec des averses de pluie et un vent de mars. Le temps n'est plus polaire au Québec mais bipolaire. Les trottoirs sont recouverts d'une pluie givrante, un film de glace, immédiatement relayée par une neige jalouse de se voir voler la vedette. Dans ce brouhaha nordique, il ne faut pas compter sans le vent, ce faux invité ou maître de cérémonie.
Par Max Férandon
| 31/01/2008 14:46
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